Et la Dieu-esse recréa l'homme

Fuir le visage coupable du crucifié, ce n'est pas fuir la vie.
C'est au contraire recréer la vie
S'engloutir, suspendre son souffle.
En donner la maîtrise à
Elle : La rédemptrice, créatrice !
Mais laisons parler Ma Proie...

Ce serait comme un cocon, comme les fils d'une araignée qui aurait tissé autour de moi son filet inexorable. Fils après fil, le cocon m'enveloppe et me rend totalement impuissant et pris, proie !
Cette peau de latex m'enserre, m'enlace et je me peux faire le moindre geste. Je suis couché, paralysé et pourtant bien vivant. Cette peau recouvre la mienne comme une intime partie de moi. Seuls ma bouche et mon nez sont encore accessibles. Mon sexe est gainé dans une partie de cette peau, gainé fermement et tenu de telle sorte qu'il m'est impossible de ne pas bander. C'est une sorte d'érection forcée, et l'enserrement retient mon sang qui gorge cette partie de moi que je ne peux plus, non plus contrôler. Nulle insolence ou triomphe dans cet état, car la gaine est intérieure et seule un renflement laisse deviner ce qui se passe.

Mon anus est également sous contrôle, empli par quelque chose que je ne connais pas, mais qui est introduit en moi et qui a enflé jusqu'à se coller intimement à moi avec insistance et fermeté, afin de bien me faire sentir que là aussi, je suis la proie. Maintenant, un tube de forte taille se présente à ma bouche.
Je m'ouvre et je suis pénétré là aussi, emplie et tout à coup suffoqué, paniqué. La main de maîtresse qui se pose sur mon front me ramène petit à petit au calme et je réalise que cette possession me permet malgré tout de respirer par un tube central. Bientôt, deux petits tubes entrent dans mes narines et je ne suis relié à la vie que par ces sortes de veines qui m'apporte de l'air frais.
Je réalise alors ma totale inclusion dans cette peau, sorte de cocon qui me protège.

La main de maîtresse me caresse tendrement la tête et je sens tout à coup que j'ai du mal à respirer. Les tubes sont bouchés… panique! Je me cambre vainement dans ma prison, me tortillant comme une proie affolée, le cœur battant fort à mes oreilles et mes poumons cherchant la goulée si attendue…
En même temps, je sens cette peau qui me ligote, mon sexe si dur et si emprisonné, et ces excroissances dans mon anus et ma bouche et qui ont encore gonflé…
Et puis l'air revient et mes poumons se remettent à fonctionner normalement, pendant que je sens les mains de Maîtresse qui passent sur mon torse et semblent m'encourager à revenir au calme… Je m'abandonne à elle et je reprends petit à petit ma sérénité…
Et puis voilà que tout bascule(...)
La proie
Il y a une suite bien évidement...

Parce-que le philosophe nous dit :
"comment as-tu osé interrompre le repas sacré du néant, pour faire surgir une telle masse de malheur et d'angoisse?"

Il faut retrouver le sacré, et voyager aux portes du néant